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Je reviens.

# Posté le lundi 24 août 2009 03:08

Modifié le samedi 24 octobre 2009 22:56

. « Il n'y a pas de honte à perdre ou à échouer. La honte, la seule qui puisse nous faire honte est d'être inférieur à nous-mêmes. » Alain Ayache .

. « Il n'y a pas de honte à perdre ou à échouer. La honte, la seule qui puisse nous faire honte est d'être inférieur à nous-mêmes. » Alain Ayache .
Hier, mon mari m'a frappée.
Ce n'était pas la première fois & ce ne sera pas la dernière.
Je me rappelle de la première fois. 6 mois après notre mariage. C'était une nuit d'octobre. Il puait l'alcool bon marché. Ses yeux pleins de rage s'étaient arrêtés sur moi. Mon corps se figea : un mouvement réflexe déclenché par une peur bleue. Je ne compris pas la suite. Le lendemain, j'étais recouverte d'ecchymoses et de sang.
Cette fois-là, j'ai eu mal mais hier, je n'ai pas eu mal.
Je me suis habituée aux coups. Je les reçois, les ressens un par un et grâce à l'habitude, je ne gémis plus. Après, je pleure seule, recroquevillée sur moi-même. Je porte la souffrance du monde sur mes épaules. Ma souffrance et la souffrance des autres. La mienne est mêlée à de l'amour. Oui, j'ai la prétention d'aimer mon mari malgré ce qu'il me fait endurer depuis près de 2 ans. Je suis en quelque sorte une masochiste mais les hommes sont tous plus ou moins masochistes alors le fait que j'aime me faire du mal est assez logique dans un sens.
Je ne sors plus aussi souvent. J'ai trop peur du regard des autres, surtout de ceux qui savent voir derrière les sourires feints. Je suis lâche. J'ai honte d'avoir la faiblesse de ne pas réagir mais le courage m'a quittée il y a bien longtemps.
Aidez-moi.

PS: Pour ceux qui n'auraient pas compris, ce texte rend hommage aux femmes battues qui attendent de l'aide en silence parce qu'elles ont perdu leur dignité, se sont perdues dans la violence dans laquelle elles se sont enfoncées.

# Posté le mercredi 03 juin 2009 20:46

Modifié le lundi 24 août 2009 04:08

. « La mort ferme les yeux des morts et ouvre ceux des survivants. » Gilbert Cesbron .

. « La mort ferme les yeux des morts et ouvre ceux des survivants. » Gilbert Cesbron .
Il a à peine 16 ans. Il croque la vie à pleines dents, il rit à gorge déployée. Il incarne le bonheur, celui que tout le monde essaie d'attraper... en vain. C'est si parfait, tellement parfait qu'il a fallu que la perfection s'évanouisse en maladie. Sa vie a donc pris un chemin différent voire opposé. Elle s'est poursuite dans un hôpital: les médicaments, les seringues, le corps médical mais surtout l'odeur de la mort... Mort sans répit, toujours à l'affût de proies nouvelles mais cette fois-ci, la proie, c'est lui. Il ne sait pas comment y échapper parce qu'il n'a jamais eu à y faire face auparavant alors il s'abandonne doucement, fatigué de se battre pour une chose qu'il sait perdue d'avance. Vicieuse, la maladie a réussi à l'atteindre psychologiquement: il rassemble ses dernières forces pour arracher violemment les fils de la machine qui l'ont accroché à la vie. Il ne souffre plus; je souffre à cause de lui. Je n'ai pas réussi à l'enfoncer dans les méandres de ma mémoire. Je suis son essence: je survis à travers son souvenir. Ses yeux remplis d'espoir, ses sourires parfois forcés pour n'inquiéter personne me dévorent intérieurement mais il y a aussi sa voix, sa douce voix qui résonne & qui me demande de l'aide. Je reste là comme paralysée, impuissante. Quoi que je fasse, il est toujours là, dans ma tête & dans mon c½ur. Depuis 2 ans, déjà. 2 ans qu'il est au paradis & moi, en enfer. Les regrets m'envahissent: "si j'avais été plus présente pour lui ou si je n'avais pas fait ça ou pas de cette manière, il serait peut-être encore parmi nous". Ils s'immiscent insinueusement dans mon esprit & y demeurent, me tourmentant jours & nuits. C'est la raison pour laquelle je ne peux m'empêcher de me dire que j'aurais pu être à sa place mais que la vie en a décidé autrement... Cette culpabilité ne s'effacera jamais. Irrévocables, mes erreurs ne sont plus rattrapables.

Avez-vous déjà perdu quelqu'un de proche?

# Posté le mercredi 11 février 2009 16:40

Modifié le lundi 24 août 2009 03:59

. « L'absence diminue les médiocres passions et augmente les grandes, comme le vent éteint les bougies et allume le feu. » La Rochefoucauld .

. « L'absence diminue les médiocres passions et augmente les grandes, comme le vent éteint les bougies et allume le feu. » La Rochefoucauld .
A celle que j'ai trop aimée

Sous une lune compatissante, je me laisse aller.
Je m'abandonne à moi-même,
A cette tristesse trop longtemps refoulée
Que seule une véritable amitié sème.

Elle est la fée de ces journées dont on ne sait jamais quand elles commencent.
Je suis la sorcière de ces soirées dont on ne sait jamais quand elles s'achèvent.
Ainsi, nous nous complaisons dans nos différences
Cherchant l'une dans l'autre, quelque délivrance.

J'avoue, je l'ai aimée
Comme on aime une s½ur cachée.
Et le piège, sur moi, s'est refermé.
En gage de preuve, voyez mon c½ur déchiqueté.

O chère amie, pourquoi me tourmentez-vous de la sorte ?
N'ai-je pas mérité quelque pitié ?
Je ne suis pas aussi forte
Que vous ne le pensez.

Devenue une poupée, mon c½ur de glace
S'est brisé sur les parois de nos souvenirs fugaces.
Et mon corps en hypothermie ne ressent plus aucune sensation.

Sous mon visage pâle, sous mes yeux sans expression,
Se cachent de tendres et vains sentiments
Qui ne seront amoindris ni par les océans ni par les continents.

Une brûlure au fond des entrailles,
Les regrets m'assaillent.
Je revis nos derniers instants
Comme si le futur, le nôtre, était inexistant.

L'obscurité de la nuit m'éclaircit l'esprit,
Me fait entrevoir une vie nouvelle,
Une vie sans elle.
Mais une vie sans vous est-elle encore une vie ?

# Posté le mercredi 20 mai 2009 00:43

Modifié le lundi 24 août 2009 03:56

. « Les mots sont les passants mystérieux de l'âme. » Victor Hugo .

. « Les mots sont les passants mystérieux de l'âme. » Victor Hugo .
A diverses reprises, les mots m'ont paru bien dérisoires, trop fades pour retranscrire mes troubles, trop excentriques pour garder leur justesse. Ils m'ont tourmentée sans relâche. Comment savoir que ce mot-ci irait mieux que ce mot-là? Est-ce que les lecteurs comprendront la nuance entre les deux? Que de questions futiles qui nuisent incontestablement au style d'écriture de l'auteur mais aussi à l'individu qui doute de son propre jugement.
A diverses reprises, les mots ne m'ont pas suffi. Ils n'ont pas su imiter ma réalité, expliquer mes raisonnements tortueux. Ma logique n'étant pas celle de la majorité, ils m'ont coupée du reste du monde. Le bien-être m'a alors envahie parce que je n'étais plus régentée par le regard, l'avis des autres.
Malgré cela, les mots me rapprochent de ceux qui s'identifient facilement en les miens. Que je suis splendidement bouleversée de savoir qu'une infime partie de la population se reconnaît en lisant mes écrits ! Tellement remuée que j'en perds mes mots !
Mais cela marche aussi de l'autre sens. Les mots me rapprochent des auteurs que je lis. Je les prends au mot.
Les mots créent des liens entre les auteurs & les lecteurs même si rien, en apparence, ne pouvait les associer car ils vont bien au-delà de l'aspect, de l'extérieur; ils atteignent les profondeurs de l'âme.
Le pouvoir des mots, le pouvoir des mots, le pouvoir des mots.


Les mots que j'aime:
Apoplexie; chimères; déchéance; jouissance; méandres; paradoxe; paroxysme; prélude; prémice; oxymore; vestige

Quels mots aimez-vous?

# Posté le lundi 01 juin 2009 03:24

Modifié le lundi 24 août 2009 03:55

. « Une photo ? C'est l'instant qui s'arrête, les sentiments qui demeurent et la vie qui s'en va. » Jérôme Touzalin .

. « Une photo ? C'est l'instant qui s'arrête, les sentiments qui demeurent et la vie qui s'en va. » Jérôme Touzalin .

# Posté le jeudi 28 mai 2009 17:23

Modifié le lundi 24 août 2009 03:52

. « Si la nuit est noire, c'est pour que rien ne puisse nous distraire de nos cauchemars. » Bill Watterson .

. « Si la nuit est noire, c'est pour que rien ne puisse nous distraire de nos cauchemars. » Bill Watterson .
Allongé sur ton lit, Hypnos (Di℮u Gr℮c du somm℮il) murmur℮ ton nom. Accablé par la fatigu℮, tu lui succomb℮s facil℮m℮nt. Ta vu℮ s℮ flout℮, t℮s paupièr℮s s℮ f℮rm℮nt t'℮mprisonnant dans un℮ obscurité éphémèr℮. Ti℮ns-toi prêt; l℮ rêve va comm℮nc℮r! Tu tomb℮s dans un ℮ndroit qui t'℮st inconnu. Aucun paysag℮. Aucun nuag℮. S℮ul℮m℮nt un ch℮min. Tu décid℮s d℮ l℮ suivr℮ pour un℮ raison qu℮ tu ignor℮s. Tu t'ap℮rçois qu℮ tu n'℮s plus maîtr℮ d℮ ton corps. Tu paniqu℮s, tu t'angoiss℮s mais c℮ n'℮st qu℮ moi, moi qui command℮ ton ℮nv℮lopp℮ charm℮ll℮. J℮ m℮ dél℮ct℮ d℮ c℮ savour℮ux sp℮ctacl℮. N℮ vois-tu pas mon sourir℮? N℮ m'℮nt℮nds-tu pas rir℮? J℮ m℮ jou℮ d℮ toi mais tu n℮ l℮ sais pas, tu n℮ l℮ vois pas. Qu℮ c'℮st agréabl℮ d℮ t℮ contrôl℮r comm℮ un℮ simpl℮ poupé℮, d℮ pouvoir t℮ tortur℮r comm℮ tu m'as tourm℮nté℮. J℮ m℮ v℮ng℮ puisqu℮ j℮ suis loin d'êtr℮ un ang℮. Ca y ℮st, tu as pris consci℮nc℮ d℮ mon omniprés℮nc℮. Tu ℮n as mis du t℮mps! Tu ℮ssai℮s d'échapp℮r à l'℮mpris℮ qu℮ j'℮x℮rc℮ sur toi mais tu n℮ p℮ux pas. J℮ suis trop fort℮...
L℮ matin, tu m℮ r℮ss℮ns plus int℮nsém℮nt qu℮ la v℮ill℮. Pourtant, j℮ suis parti℮ au l℮v℮r du Sol℮il. Tu t℮ r℮nds à l'évid℮nc℮: tu ℮s ma moitié. Nous somm℮s nés pour nous r℮ncontr℮r, pour nous attir℮r, pour nous bl℮ss℮r mais avant tout, pour nous détruir℮.

# Posté le mercredi 11 février 2009 16:41

Modifié le lundi 24 août 2009 03:50

. « Sans la matière, l'art n'est rien ; la matière, même sans l'art, a encore quelque prix ; mais l'art parfait l'emporte sur la matière la plus riche. » Quintilien .

. « Sans la matière, l'art n'est rien ; la matière, même sans l'art, a encore quelque prix ; mais l'art parfait l'emporte sur la matière la plus riche. » Quintilien .
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Qui me fait une DEAD-Y?
Lilou Nastasia Yana




















Qui me dessine?



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# Posté le mercredi 11 février 2009 16:39

Modifié le lundi 24 août 2009 04:17

. « Un poison violent, c'est ça l'amour. Un truc à pas dépasser la dose. » Serge Gainsbourg .

. « Un poison violent, c'est ça l'amour. Un truc à pas dépasser la dose. » Serge Gainsbourg .
J'ai avalé une gorgée de ce doux poison que tu m'as recommandé. Quoi qu'un peu amer, je ne cesse de le boire, de te boire. Plus je le goûte, plus je l'adore. J'en suis devenue dangereusement dépendante mais cette addiction ne sera qu'éphémère, le temps que prendra cette délicieuse boisson à faire effet. J'exulte d'impatience.
Quelques minutes plus tard, il commence à agir. Je délire: je me sens partir. C'est à la fois si agréable de contrôler sa vie, de l'avoir entre ses mains & de faire ce que bon nous semble mais si détestable de souffrir autant pour une chose si dérisoire.
Je le ressens. Il s'infiltre dans mes veines se mélangeant avec mon sang puis s'invite dans mes organes. Il prend possession de mon enveloppe charnelle avec une telle facilité que je me mets à mépriser la simplicité de la structure de l'anatomie humaine.
Mes entrailles me brûlent. La violence du venin tord mes membres, les agite d'une manière proche de la démence, me terrasse. Etrangement, cette douleur me soulage. « Souffrir pour vivre » ; c'est au prix de ce tourment que je continue à respirer aussi me suis-je mis à l'apprécier. Mais elle ne m'a pas empêché de me perdre dans les replis de mon cerveau, tentant de capter les souvenirs les plus marquants afin de les amener avec moi dans l'au-delà.
C'est alors que ton visage apparaît dans mon esprit intoxiqué tel une ultime consolation avant l'achèvement. Il me déstabilise à tel point que je décide de précipiter ma chute. Je ravale une deuxième gorgée puis au comble de mon désespoir, je continue. Je ne lâche le flacon qu'après m'être assurée qu'il ne restait plus rien à l'intérieur. Le vide.
Cherchant un objet sur lequel me reposer pour vivre mes derniers instants, je m'enveloppe avec lenteur & délicatesse dans mes draps de soie. Je m'en vais là où tout a commencé il y a maintenant 3 ans. Te souviens-tu?
Je ferme lourdement les yeux, essayant d'imaginer ce qui m'attend, ce qui suit la mort, souriant à l'idée que tant de philosophes se soient attardés sur la question alors que la réponse me sera révélée dans quelques secondes à peine.
Au plaisir de te revoir. Adieu.

# Posté le mercredi 11 février 2009 16:42

Modifié le lundi 24 août 2009 03:47

. « L'amitié double les joies et réduit de moitié les peines. » Francis Bacon .

. « L'amitié double les joies et réduit de moitié les peines. » Francis Bacon .
Il était une fois,

# Posté le mercredi 11 février 2009 16:41

Modifié le lundi 24 août 2009 03:46