Il a à peine 16 ans. Il croque la vie à pleines dents, il rit à gorge déployée. Il incarne le bonheur, celui que tout le monde essaie d'attraper... en vain. C'est si parfait, tellement parfait qu'il a fallu que la perfection s'évanouisse en maladie. Sa vie a donc pris un chemin différent voire opposé. Elle s'est poursuite dans un hôpital: les médicaments, les seringues, le corps médical mais surtout l'odeur de la mort... Mort sans répit, toujours à l'affût de proies nouvelles mais cette fois-ci, la proie, c'est lui. Il ne sait pas comment y échapper parce qu'il n'a jamais eu à y faire face auparavant alors il s'abandonne doucement, fatigué de se battre pour une chose qu'il sait perdue d'avance. Vicieuse, la maladie a réussi à l'atteindre psychologiquement: il rassemble ses dernières forces pour arracher violemment les fils de la machine qui l'ont accroché à la vie. Il ne souffre plus; je souffre à cause de lui. Je n'ai pas réussi à l'enfoncer dans les méandres de ma mémoire. Je suis son essence: je survis à travers son souvenir. Ses yeux remplis d'espoir, ses sourires parfois forcés pour n'inquiéter personne me dévorent intérieurement mais il y a aussi sa voix, sa douce voix qui résonne & qui me demande de l'aide. Je reste là comme paralysée, impuissante. Quoi que je fasse, il est toujours là, dans ma tête & dans mon c½ur. Depuis 2 ans, déjà. 2 ans qu'il est au paradis & moi, en enfer. Les regrets m'envahissent: "si j'avais été plus présente pour lui ou si je n'avais pas fait ça ou pas de cette manière, il serait peut-être encore parmi nous". Ils s'immiscent insinueusement dans mon esprit & y demeurent, me tourmentant jours & nuits. C'est la raison pour laquelle je ne peux m'empêcher de me dire que j'aurais pu être à sa place mais que la vie en a décidé autrement... Cette culpabilité ne s'effacera jamais. Irrévocables, mes erreurs ne sont plus rattrapables.
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